Je roule. Tourne. Boule.
Demain, c'est l'automne. C'est l'automne. Demain, l'avant-hier d'après-demain.
Ben moi quand je serai vieille, tu vois mes cheveux poivres et sels, tu vois au coin de mes yeux poussent deux immenses serres d'aigles, mes yeux bleus perchés, toujours en altitude.
Ben je poserai mes rumathismes sur ma chaise Ikéa qui sera devenue une pièce de collection, aussi enviée qu'un Henri IV maintenant.
Ben sur ma chaise Ikéa, en plastique vert, pas très confortable, je m'assierai sous le vieux bambous. Il fera bon pour la saison. Un petit 37°C. Mais on s'habitue, c'est comme à tout, que ma grand-mère à moi elle me dit.
Et donc, sur ma chaise Ikéa, je relirai mon roman favori pour la 364ème fois en buvant un radeau toulousain, ce coktail en vogue dans ma jeunesse. Vogue. Estelle, elle fumait des Vogues, ces longues cigarettes dandystes.
Et ça me faisait rire. On riait en regardant mes roulées mal foutues, ces cadavres que je m'appliquais à faire pourtant. On riait.
Et puis, je regarderai les feuilles tomber, avec 21 écureuils autour de moi, comme Blanche-Neige, ils chanteront avec moi et ça sera beau.
Ce sera beau quand je me rappelerai quand Polux a eu 17 ans lundi, je me plaisais à me croire un peu artiste, j'avais découvert ma vocation d'historienne des arts, quand je faisais du vélo-des-années-trente-avec-lequel-j'aurais-pu-tourner-dans-la-"
Bicyclette-Bleue" (w
ooow 100 ans!), et je posais nue et que j'aimais ça, je voulais devenir Philipe Val et Cavanna en même temps, quand les crap's et moi on se voyait baroudeuses et qu'on y est arrivée, tout ça tu vois.
J'en noircierai des tonnes d'après-midi à me rappeler tout ça. Un truc pervers qui vous déshabille et tu te retrouves nue, petit à petit.
Beurk et re-
Beurk ce vieux dégueulis de souvenirs larmoyants. Manque plus que la musique derrière, le néon qui grésille dans un bus sordide, des murs d'eau partout, nos visages froids, un remake de Titanic et on y est. Personne veut vivre de clichés mais on se vautre tous dedans. Alors tant pis, tant mieux, on vit quand même. On joue les prolongations.
Demain c'est l'automne et oui je suis contente parce que j'aime ce temps, ou alors que je m'en fous, mélancolique, synthétique, anarchique, poétique mais pas romantique, orgasmique, photographique, rentrée politique, léthargique, dramatique, tous ces mots en -ique qui sonnent bien. Colique ?
Dieu est homO.
Et tant mieux. Parce quand y'en a marre, y'a
Malabar.
Ecoute Nicole Willis, plein dans les tympans, c'est plein de soleil, c'est bon pour toi, le déprimé de l'automne !
C'est mortel de chez croquemort. Faut que je me revois l'étrange noël de Mr JAck par là.